Comment dire à votre patron que… ?

Comment dire à votre patron que vous voulez quitter l’entreprise ? Que vous méritez une  promotion ? Que le niveau de stress auquel vous êtes soumis est insoutenable ? Que vous  êtes enceinte ? Que vous voulez prendre des congés ? Que vous avez besoin d’un jour de  congé pour quelque chose que vous ne pouvez pas justifier ? ect … 

Communiquer des nouvelles sensibles à vos supérieurs n’est presque jamais facile. Il est  vrai que certains patrons sont abordables, compréhensibles et accessibles et que la  communication avec eux est facile. Bien que cela ne fasse pas disparaître toutes vos  craintes ou tous vos malaises, vous savez que vos chances de réussir à communiquer  certaines choses à votre patron sont plutôt élevées. Cependant, trop souvent, le moment  d’aborder des situations, qui pourraient poser un problème pour l’entreprise ou pour votre  carrière, devient problématique.  

Pour faire face à cette situation, qui peut être un véritable obstacle à votre bien-être  émotionnel au travail, voici dix éléments à prendre en compte lorsque vous souhaitez  aborder des sujets sensibles avec vos supérieurs. 

10 conseils pour demander et/ou informer correctement

1. Réfléchissez bien à l’information que vous souhaitez transmettre 

Réfléchissez bien à la partie qu’il vaut mieux garder pour vous ! Vous n’avez pas besoin  de vous dévaloriser ou de donner des informations sans rapport avec le sujet et, qui  pourraient donner une mauvaise image de vous ou être utilisées contre vous à l’avenir.  Lorsque vous vous demandez, comment dire à votre patron que vous avez besoin de  quelque chose, synthétisez-le afin que votre demande soit la plus claire possible et que  vous ne soyez pas plus exposé(e) que vous ne l’êtes déjà. 

Si vous donnez des informations simples (par exemple, que vous êtes enceinte ou que  vous devez prendre un congé maladie obligatoire), ne vous sentez pas obligé(e) de donner  des explications superflues sur votre vie privée. Pour ce faire, il est préférable d’anticiper  les éventuelles questions indiscrètes et de préparer des réponses standards.  

2. Choisissez le bon moment 

Il y a des questions pour lesquelles ce n’est jamais le bon moment ou, pour lesquelles  vous ne pouvez pas savoir si l’occasion de soulever ce que vous voulez est la bonne.  Toutefois, n’agissez pas de manière impulsive et pensez aux besoins de votre  interlocuteur, afin qu’il ne se sente pas agressé ou envahi. Assurez-vous que votre patron  soit disponible pour vous écouter.  

Préparez votre discours, anticipez les objections de votre interlocuteur et gardez une  attitude professionnelle. 

3. Préparez la justification 

Lorsque vous réfléchissez à la manière de formuler une demande pertinente à votre  patron, pensez bien à la façon dont vous allez justifier votre, ce que vous demandez. Tout  projet comporte une section d’identification et de justification des besoins. Souvent, vos  interlocuteurs vous demanderont de justifier votre demande et, ils s’attendront  probablement à des raisons qu’ils estiment sensées et valables. 

Préparez-les à l’avance ! 

4. Tenez vos tâches professionnelles à jour

Assurez-vous que toutes vos tâches et responsabilités professionnelles soient à jour  avant de demander quoi que ce soit. L’une des meilleures façons d’être entendu(e) pour  une demande ou de faire preuve de mérite est tout simplement, d’avoir du mérite. Allez à  la réunion avec vos obligations remplies et vos domaines de responsabilité sous contrôle.  Expliquez à votre interlocuteur comment vous ferez pour, qu’en votre absence, ces tâches  continuent d’être à jour, sans que votre demande n’y porte préjudice. 

Pour demander quelque chose et l’obtenir, il est souvent très utile d’avoir donné quelque  chose en retour avant et pas seulement après.  

5. Pensez la demande comme donnant-donnant 

Pensez comment vous pouvez adresser votre demande de sorte à ce qu’elle suppose un  bénéfice pour l’entreprise. Ou du moins, qu’elle n’entraîne pas de dommages  organisationnels ou économiques excessifs. Montrez que vous êtes au courant des  choses et que vous anticipez les développements futurs. Étudiez les éventuelles façons  de rendre ce que vous allez demander intéressant pour les autres : une expérience  d’apprentissage, un point de référence sur lequel s’appuyer pour les défis futurs, … 

Faites voir à votre patron que, même si vous demandez, vous travaillez ! 6. Obtenez les avis et les conseils des autres 

Demandez conseil à des personnes de confiance sur la façon d’aborder la conversation.  Discutez-en avec des personnes qui ont l’expérience du travail en entreprise ou qui ont  été confrontées à des situations similaires à la vôtre. Elles vous aideront à voir les  éventuels angles morts de votre plan et à trouver des stratégies à l’avance.  

Il est important que vous ressentiez le soutien des personnes en qui vous avez confiance si, vous devez communiquer quelque chose qui est très difficile pour vous.  

7. Faites preuve de confiance et de planification dans votre demande Ne suppliez pas et soyez professionnel ! 

Communiquez de manière ordonnée et affirmée en démontrant que ce que vous demandez  n’est pas le résultat d’un caprice, mais d’une circonstance survenue contre votre gré ou  d’un besoin que vous vous sentez à l’aise de partager avec vos supérieurs.

Si vous souhaitez une réponse positive à votre demande : que ce soit pour une  augmentation, un changement de vos fonctions ou de votre emploi du temps ou tout  simplement que vous partez, réfléchissez bien à la façon dont vous allez entamer la  conversation, aux phrases clés à utiliser et à la façon dont vous allez clore la conversation,  que vous quittiez le bureau avec des doutes ou avec ou sans succès.  

8. Offrez une éventuelle compensation 

Réfléchissez à la manière dont vous compenserez l’entreprise si elle vous rend service.  En plus de rassurer les employeurs sur le fait que l’entreprise ne sera pas désavantagée  par ce que vous demandez, il peut être utile d’offrir une compensation pour tout  inconvénient que votre demande pourrait causer. Réfléchissez bien à ce que ce sera car  vous devrez ensuite vous engager et tenir vos promesses pour qu’ils puissent continuer  à vous faire confiance. 

Mettez cette compensation en avant et restez attentif/attentive et ouvert(e) au cas où vous  recevriez une contre-offre.  

9. Ne vous positionnez pas en tant que victime 

Ne donnez pas la possibilité aux reproches et n’abusez des griefs comparatifs ! 

Si vous n’atteignez pas votre objectif ou si vous l’atteignez, d’une manière désagréable : « comme si on vous faisait une faveur ou que l’on vous pardonnait », ce sera difficile à  gérer. Vous avez tout intérêt à ne pas craquer et à ne pas utiliser un style agressif ! Quoi qu’il arrive, il faut faire preuve de professionnalisme et ne pas se défendre ou se  perdre en justification dans le feu de l’action. 

Prenez le temps de repenser votre stratégie. A l’avenir, vous serez en mesure d’utiliser ce  qui s’est passé à votre avantage.  

10.Communiquez de manière assertive, dans le respect de soi et de l’autre 

Parfois, nous demandons des choses, parfois nous essayons de les imposer par la force  et parfois nous signalons simplement un fait inexorable.

Quoi qu’il en soit, personne ne souhaite favoriser une personne trop dominante ou  autoritaire. A l’inverse personne ne prend réellement en compte une personne soumise et  effacée. 

Si vous voulez demander plutôt que d’imposer, l’affirmation de soi est le meilleur moyen  de préserver votre position. Pensez que vous devrez, probablement, rester en relation avec  cette personne, qui est aussi votre supérieur. Qui sait comment la vie va tourner ? 

Préservez votre relation avec cette personne, même si elle ne vous a pas donné ce que  vous vouliez ou si elle vous a donné du fil à retordre. Le temps viendra où votre position  affirmée, votre travail et votre mérité dont vous faites preuve maintenant jouera en votre  faveur.  

Test : comment je communique les choses à mes supérieurs ? 

Répondez aux questions suivantes honnêtement et sans trop y penser. Faites confiance à votre intuition.  

1. Chaque fois que je dois demander quelque chose à mon patron, ma voix tremble et je  baisse la tête : OUI/NON 

2. Dans mon métier, qui ne demande rien n’a rien, donc il faut s’imposer si l’on veut que  l’on nous accorde quelque chose : OUI/NON 

3. Il m’arrive souvent de ne pas savoir si je peux demander quelque chose ou pas, c’est  pourquoi je préfère ne rien demander : OUI/NON 

4. Je ne sais jamais comment va réagir mon patron, alors je tente ma chance et réfléchis au fur et à mesure à la manière d’expliquer ce que je veux : OUI/NON 

5. J’ai toujours l’impression que c’est moi qui fais des faveurs à l’entreprise plutôt que l’inverse. Je suppose que le travail fonctionne comme ça : OUI/NON 

6. Une fois, j’ai voulu proposer un changement majeur dans mes conditions de travail.  Lorsque la réunion est arrivée, je me suis rendu compte que j’étais pris sur de nombreux  flancs que je ne savais pas comment défendre : OUI/NON 

7. Il m’arrive souvent de vouloir demander des choses auxquelles j’ai droit, mais je ne sais  jamais comment les défendre et je finis par faire plus de compromis que je ne le devrais : OUI/NON 

8. Il est probable que je doive bientôt me mettre en arrêt-maladie et je redoute l’idée d’en  parler à mon patron : OUI/NON

9. Dans mon entreprise, il y a beaucoup d’heures supplémentaires non rémunérées et je  commence à en avoir assez, mais je ne sais pas comment l’expliquer à mon patron  alors que tout le monde en fait : OUI/NON 

10.Lors de la dernière promotion, je pensais que c’était mon tour mais ils ont choisi un  autre collègue. J’aimerais savoir pourquoi, mais je préfère mourir que de soulever la  question : OUI/NON 

Si vous avez répondu OUI à la moitié ou plus des questions, il n’y a pas lieu de paniquer, mais vous devez prendre bonne note :  

Il est important de commencer à travailler votre affirmation de soi afin d’enfin ressentir  votre légitimité et que, la revendication de votre rôle dans l’entreprise ne vous cause pas  de souffrance ou d’usure inutile. Réfléchissez-y ! Si vous l’osez, une très bonne option  consiste à travailler sur ces aspects avec un psychologue dans le cadre d’une thérapie.  Cela peut représenter un grand pas en avant non seulement pour votre santé mentale et  physique, mais aussi pour votre travail. 

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