L’anxiété au travail : savez-vous comment cela vous affecte ?

L’anxiété au travail peut impacter la productivité du travail surtout lorsqu’elle est banalisée et non prévenue. 

L’anxiété peut être définie comme un état de nervosité relativement élevé face à une situation perçue comme stressante ou menaçante. Elle s’accompagne de pensées, de comportements et d’émotions liés à un sentiment de peur, d’alerte ou d’inquiétude importante. 

L’émotion associée à l’anxiété est la peur, le plus souvent perçue comme un sentiment d’insécurité ou de vulnérabilité. 

D’autre part, l’anxiété peut surgir lors d’une situation spécifique, facile à localiser et à identifier. Elle peut également prendre une forme plus diffuse et récurrente au fil du temps, sans être associée à quoi que ce soit en particulier, mais simplement à la vie telle qu’elle est. Par exemple, des personnes qui décrivent un climat de travail habituel, alors qu’ils travaillent dans des conditions de stress, avec des exigences élevées, ou encore de l’incertitude.

Comment réagissons nous aux symptômes d’anxiété au travail ?


La peur est une émotion naturelle et nécessaire à la vie. Sa fonction est de nous avertir de l’existence d’un danger et de préparer notre corps à y faire face. Les réponses de base à la peur sont soit la fuite ou l’attaque.

La fuite comme réponse à la peur 

La fuite peut prendre plusieurs formes : la plus courante est de s’éloigner du lieu, c’est-à-dire de s’éloigner de la source de menace, de ce qui nous cause de l’inconfort, de l’anxiété, etc. Par exemple : lorsque l’ambiance dans l’entreprise est insoutenable et que je repère qu’elle va empirer, si j’ai la possibilité de le faire, je pars (avec les conséquences positives et négatives que cela peut avoir pour l’entreprise ou pour moi).

Ou encore : je dois parler à mon supérieur mais j’ai peur de sa réaction et la situation me rend nerveux, alors j’évite autant que je peux de frapper à sa porte et de discuter avec lui (quitte à ce que le problème ne soit pas résolu). 

Une autre façon de fuir le danger est de se cacher, de s’écarter, afin que la menace passe à côté de moi sans que je doive faire de « sacrifices ». Une manière sophistiquée de se cacher consiste à s’inhiber, à ne pas s’exposer, à ne pas se rendre visible, à ne pas s’exprimer. Cela peut constituer une sécurité pour l’employé car il a le sentiment que son bien-être psychologique est menacé.

En revanche, cela ne semble pas adapté ni pour l’employé ni pour l’entreprise car cela peut entraîner une baisse de  la créativité, de la proactivité, de la prise d’initiative et de l’action. L’inhibition est un mouvement de protection qui va vers l’intérieur, et donc de ne pas s’exposer à un danger. Par exemple : je ne vais pas donner mon avis, je ne vais pas m’impliquer, je ne vais pas me laisser voir, je ne vais pas demander ce qui va m’arriver de peur d’aggraver les choses.

L’attaque comme réponse à la peur 

Une autre manière de répondre au danger est l’attaque. Il ne s’agit pas d’une attaque offensive mais d’une attaque défensive. Comme son nom l’indique, elle a une fonction de protection, en l’occurrence de prévention : par exemple, je vois l’orage arrivé, je respire et je l’affronte ; j’anticipe les événements ; je prends le contrôle ; je détruis avant d’être détruit ; je lance un avertissement ; je réaffirme ma position avec intensité. 

Adopter cette stratégie peut être coûteux dans le mesure où cela peut entraîner une certaine tension émotionnelle et physique, une dépense énergétique. Faire face aux événements de la vie ou se défendre mobilise un certain stress ou de l’anxiété. Le problème est lorsque l’intensité est trop forte et non adaptée à la situation. 

Les risques d’un niveau excessif d’anxiété sur le lieu de travail

Il est important de rappeler qu’un certain niveau d’anxiété, c’est-à-dire d’activation physiologique, cognitive et émotionnelle, est indispensable pour que nous puissions penser, communiquer et accomplir des tâches. Si nous sommes trop « détendus », sans « tension » dans le corps et l’esprit, nous ne sommes pas au mieux de nos capacités pour faire face aux tâches de la vie quotidienne, ni aux tâches professionnelles. 

Il semblerait que nous agissions mieux, que nous sommes le mieux à même de penser, d’analyser et de décider, lorsque nous sommes dans une certaine tension. 

Par conséquent, bien que ce que nous ressentons face à une menace – ou une source de déséquilibre – soit désagréable, il n’est pas anormal d’être alerte, préoccupé et tendu afin de faire face à ce qui se présente à nous. 

Les conséquences de l’anxiété au travail

L’anxiété a une fonction adaptative dans le sens où elle accroît notre vigilance, et nous alerte d’éventuels dangers ou menaces. Pour autant, cela ne justifie pas une mauvaise ambiance sur les lieux de travail, ou une forte anxiété des employés face aux exigences du travail. Aussi, il semblerait que la croyance selon laquelle « je travaille mieux, ou je suis plus performant, lorsque je suis sous pression », ne semble pas être une méthode efficace à long terme pour le bien-être du travailleur et la productivité de l’entreprise. 

En ce sens, si les travailleurs sont trop sollicités d’un point de vue physique mais aussi émotionnel (agitation, tension, inquiétude, peur…), ils peuvent progressivement perdre leur lucidité dans le traitement de l’information : les stimuli sont moins bien traités, ce qui les amène à faire plus d’erreurs, à prendre parfois des décisions sans réfléchir, à mettre plus de temps pour exécuter une même tâche force de vérification, ce qui impactent leurs performances et leurs productivités. 

En d’autres termes, si nous avons l’impression que, quoi que nous fassions, nous allons recevoir un feed-back négatif, ou si nous avons le sentiment de ne pas comprendre pleinement les instructions que l’on nous donne, ou que nos décisions sont toujours remises en question, cela nous mettra dans un état de nervosité non bénéfique pour la réalisation de la tâche et pour nous. Effectivement, cela nous démotive et nous empêche d’avoir une bonne perspective sur les étapes que nous sommes en train de franchir. 

Un autre domaine peut également être affecté par un fort niveau d’anxiété au travail : les relations interpersonnelles. Les personnes anxieuse ont tendance à véhiculer une image d’inquiétude, à penser que quelque chose ne va pas chez elles ou dans leur environnement, ce qui peut mettre parfois les autres mal à l’aise, en leur transmettant notamment cette inquiétude, ce qui ne contribue pas à un climat de calme et de bien-être.


De plus, ces personnes peuvent « exploser » plus facilement, parce qu’elles sont stressées, plus susceptibles ou sensibles. Elles ont plus souvent besoin d’une confirmation externe parce qu’elles ne se sentent pas assez sûres d’elles dans ce qu’elles font. Elles peuvent s’isoler si elles ont l’impression que ce sont leurs pairs qui peuvent les menacer.

L’échange peut prendre alors la forme de méfiance, de susceptibilité et de difficultés pour une coopération optimale. De leur côté, leurs pairs peuvent les percevoir comme manquant de solidité : ce sont des personnes qui se sentent peu sûres d’elles-mêmes et qui ont donc plus de difficultés à transmettre sécurité et confiance aux autres. 

Cela peut conduire à une diminution du nombre de tâches qui leur sont confiées ou du niveau de responsabilité qui leur est associé, ce qui n’est bon ni pour l’équipe ni pour l’individu car cela signifie que tout le potentiel de la personne n’est pas utilisé. 

Un niveau élevé d’anxiété au travail qui perdure dans le temps peut être considéré comme un problème de santé mentale, tout en causant des dommages importants à la santé physique. Il est vrai que les dirigeants et les responsables RH ne peuvent pas transformer la personnalité et le style d’adaptation des membres du personnel.

Cependant, ils peuvent influencer la culture d’entreprise, le climat de l’entreprise, la cohésion de l’équipe en favorisant les relations de confiance, ainsi que les styles de coordination et de leadership sains qui servent de modèles à l’ensemble du personnel. 

C’est pourquoi, il est si important de détecter les mauvaises pratiques en termes d’exécution et de fonctionnement des tâches, mais aussi en termes de facteurs de risque psychosociaux qui peuvent augmenter le niveau de stress et d’anxiété des travailleurs : non pas pour faire disparaître complètement le stress et l’anxiété, car cela n’est ni possible ni nécessaire, mais pour éviter qu’ils  nuisent à la santé des travailleurs et, par conséquent, à la productivité de l’entreprise. 

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